L’addiction : mon regard de praticien de Shiatsu

Dans ma pratique de Shiatsu, de moxibustion japonaise et de massage thaï, il m’arrive régulièrement d’accompagner des personnes confrontées à différentes formes d’addiction. Il peut s’agir du tabac, de l’alcool, du sucre, mais aussi parfois d’habitudes plus discrètes : la suractivité, les écrans, ou certaines formes de compulsions alimentaires.

Au fil du temps, j’ai compris que l’addiction ne se résume presque jamais à une simple question de volonté. Derrière ce comportement se cache souvent une tentative – consciente ou non – de réguler quelque chose à l’intérieur de soi : une tension, un vide, une fatigue profonde ou une agitation mentale.

Beaucoup de personnes que je rencontre vivent avec un stress important, un rythme de vie intense ou une charge émotionnelle difficile à relâcher. Dans ces situations, certaines substances deviennent, au moins temporairement, une manière de trouver un apaisement ou une forme d’équilibre.

Dans l’approche énergétique qui guide ma pratique, ces situations peuvent être observées comme des déséquilibres dans la circulation de l’énergie. Il n’est pas rare de sentir, par exemple, une tension importante dans la région du Foie chez les personnes très stressées, une fatigue profonde liée au système du Rein chez celles qui se sentent épuisées, ou encore une agitation du mental qui perturbe le sommeil et le repos.

Le Shiatsu offre alors un espace particulier. Pendant la séance, le corps peut relâcher progressivement certaines tensions accumulées. La respiration devient plus profonde, le système nerveux se calme, et l’on observe souvent un état de détente qui permet à la personne de se reconnecter à ses sensations.

Ce moment est parfois l’occasion de redécouvrir quelque chose de simple mais d’essentiel : la capacité du corps à retrouver un certain équilibre lorsque les conditions deviennent favorables.

La moxibustion japonaise, que j’utilise également dans certains accompagnements, peut soutenir ce processus. Par la chaleur douce de l’armoise appliquée sur certains points, elle aide à renforcer l’énergie lorsque la fatigue ou l’épuisement sont présents. Dans les périodes de sevrage, ce soutien peut être particulièrement apprécié.

Le Do-In, que j’enseigne par ailleurs, permet aussi aux personnes d’apprendre quelques gestes simples pour prendre soin d’elles au quotidien. Une pression sur certains points, quelques minutes de respiration consciente ou un auto-massage peuvent parfois aider à traverser un moment d’envie ou de tension.

Bien entendu, les addictions sont des phénomènes complexes. Dans certaines situations, un accompagnement médical ou psychologique est nécessaire et tout à fait complémentaire. Les pratiques corporelles et énergétiques ne remplacent pas ces approches, mais elles peuvent offrir un soutien précieux.

Ce que j’observe le plus souvent dans mon cabinet, ce n’est pas seulement la disparition d’une habitude, mais un chemin plus profond : les personnes apprennent peu à peu à écouter leur corps, à reconnaître leurs besoins et à trouver d’autres manières de se réguler.

Dans ce sens, accompagner quelqu’un face à une addiction ne consiste pas seulement à supprimer un comportement. Il s’agit plutôt d’aider la personne à retrouver progressivement un équilibre intérieur plus stable, dans lequel la dépendance devient moins nécessaire.